Me voici donc, a 7h30 du matin, mon sac sous le bras, assis à l'avant du bus, dos à la route et face à tout ce monde. On peut voir tout un tas de personnes différentes dans le bus (surtout dans le spécial où on est compressé comme une orange si on trouve pas une place assise)... Tout d'abord, je vois cette fille, elle a des cernes, elle est assise un peu recroquevillée sur elle-même , et a ses deux mains sur son visage...mais à quoi peut-êlle bien penser ? en regardant de plus près, on remarque que quelques gouttes salées coulent sur ses joues , elle essaye de les retenir avec ses mains... un petit ami infidèle, parti ? plus grave ? Plus léger, il y a ce garçon (pas oublier la cédille surtout) , dos à moi, la tête penchée en avant... il est peut-être endormi... ah non, il hoche la tête , il doit vraiment être perdu dans ses pensées. Ou pas, il se retourne, plongé dans sa fiche bristol, encore un qui a préféré "lachey D comm's" a toutes ses copines hier soir au lieu de réviser son interro du matin... un autre specimen du même genre, une jeune fille assez hystérique pour une heure aussi matinale qui ne cesse de supplier sa voisine de lui montrer l'exercice de maths à faire pour le matin même... le bus arrive à destination et se vide. J'arrive à mon lycée, repensant à tout ça...chacun à ses petits problêmes personnels, moi-même je ne fais pas exeption...mais peut-être que nous en faisons un peu trop...
Les cours s'achèvent et je cours vers l'arrêt de bus pour avoir un peu de temps pour manger. Je l'ai juste à temps et me faufile entre deux hommes âgés qui discutent avec le chauffeur, je n'y prête pas attention. Toujours perdu dans mes pensée, je me rends compte qu'un de ces deux hommes s'approche de mon siège (occupé par moi-même donc) et tente d'y monter. Avant même que je n'ai pu lui dire quoi que ce soit, il recule brusquement en ayant senti ma veste. Mon regard, stupéfait, est alors absorbé par ces yeux d'un bleu très clair, presque blanc, dépourvus de pupille. Cet homme est aveugle. Il se retourne et une dame l'interpelle. Ils semblent se connaître et commencent à discuter. Ils sourient. A ce moment, je me sens un peu mal. Je repense à tous ces gens qui se complaignent dans leurs problêmes quotidiens, comparés à ce vieil homme, qui malgré le fait qu'il ne puisse voir ni le ciel bleu ni les gens qu'il aime , arrive à garder le sourire en discutant avec cette femme dont il ne connaît pas le visage. Peut-être devrions-nous parfois voir un peu plus loin que le bout de nôtre nez afin de voir qu'il y a plus malheureux que nous, et tout faire pour arranger ses problêmes, au lieu de se noyer dedans.
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